vendredi 10 avril 2015

11. Cécile Brunschvicg

         Cécile Brunschvicg naît Cécile Kahn, cinq jours après le quatorze juillet 1877. Marguerite Durand est depuis deux ans au Conservatoire, Louise Michel est en Nouvelle Calédonie depuis quatre ans, Rachel est morte depuis vingt ans. Née dans une riche famille juive républicaine, elle obtient à dix-sept ans son certificat d’études supérieures, préparé en secret car son père, industriel alsacien, est opposé aux études féminines. Cécile âgée de vingt-deux ans rencontre Léon Brunschvicg de dix ans son aîné, philosophe féministe, vice président de la Ligue des électeurs pour le suffrage des femmes, qu’elle épouse. Ses engagements politiques se forgent dans la lutte dreyfusarde, tout en donnant le jour à quatre enfants. En 1909, elle adhère à l’Union française pour le Suffrage des femmes, dont elle est la Secrétaire générale durant vingt-deux ans à partir de 1924, cent ans après la naissance de Jeanne Daubié. L’un de ses chevaux de bataille est la mise en place d’une école mixte, ayant les mêmes programmes et offrant les mêmes diplômes quel que soit le sexe des candidats. Durant la Première guerre mondiale, elle participe au relogement des réfugiés, aide à la création de centres sociaux et de l’Ecole des surintendantes d’usine. En 1926, elle prend la direction de La Française, hebdomadaire de l’Union française pour le suffrage des femmes, où elle publie de nombreux articles. Dix ans plus tard, lors de l’avènement du Front populaire, Cécile, attachée à l’Education nationale sous la tutelle de Jean Zay, est l’une des trois femmes nommées sous-secrétaires d’Etat par Léon Blum. Durant la guerre, plutôt que de fuir à l’étranger, elle reste en France où, cachée dans le midi, elle est professeure dans un pensionnat. A la Libération, affaiblie, l’ex sous-secrétaire d’Etat reconstitue pourtant l’Union française pour le suffrage des femmes et prépare les élections municipales de 1945, où elle vote à soixante-huit ans pour la première fois, un an avant son décès.




Cécile Brunschvicg 1877-1946


Inventaire des archives de Cécile Brunschvicg, Bibliothèque universitaire d’Angers
Formaglio Cécile, Le féminisme de Cécile Brunschvicg (1877-1946), site Thèses de l’Ecole de chartes, 2006 et in Archives du féminisme
Pichon Muriel, Cécile Brunschvicg née Kahn, féministe et ministre du Front populaire, in Archives Juives 2012/1 vol 45 p.160
Le féminisme réformiste in L'Histoire par l'image


Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.